
Encore très peu théorisé en France, nous sommes assez frileux sur ce sujet. Et pourtant, le marketing culinaire apparaît dès la naissance de la publicité…
A travers cet article, j’ai essayé d’identifier les principaux enjeux du marketing culinaire en France, d’en soulever les limites mais aussi les aspects positifs. Loin d’être exhaustive dans mon propos, j’en appelle aussi à vous, à votre avis : que pensez-vous du marketing culinaire ?
Marketing vs. Cuisine : deux mondes à priori bien à part…
Et nous ne sommes pas si éloignés de la réalité. La cuisine : c’est une institution, elle fait partie de notre culture, et nous le revendiquons à tout va. Il y a quelque chose de sacré dans la cuisine : on parle « d’art culinaire » ou encore de « technique culinaire », de « style culinaire », « d’esthétisme culinaire »… Des termes directement empruntés à l’art, un monde sacré, auquel on ne touche pas…
Et pourtant, le marketing culinaire est partout !
A commencer par les grandes surfaces qui sont inondées de packagings toujours plus originaux, et souvent bien éloignés de leur contenu… Les industriels l’ont bien compris, il ne suffit plus de vendre « bon », il faut vendre « beau » : photos parfaites, descriptions des plats à vous faire saliver… La cuisine est désormais mise en scène comme n’importe quel produit.

Photographes spécialisés en marketing culinaire, agences de communication spécialisées elles-aussi sur ce domaine, postes de « Directeur du marketing culinaire » : leur but commun ? Optimiser le lancement d’un produit culinaire sur un marché donné. Et ne parlez plus seulement de marché mais plutôt de « marché culinaire » ( »food market » pour les puristes
).
Désormais, cette mise en scène de la cuisine s’observe encore plus loin. Pour preuve en effet les nombreux ouvrages culinaires présentant des photos toutes plus belles les unes que les autres. Cuisine tendance, moléculaire, en verrine, en cuillère, l’industrie du livre n’a jamais autant fait preuve d’imagination. « La cuisine des blondes », « la cuisine des paresseuses », « la cuisine des fauchés » tout est prétexte à cuisiner… Il faut dire que cet univers méritait sérieusement d’être dépoussiéré… Et aujourd’hui, cuisiner, c’est branché !
La fashionisation culinaire…
Ce renouveau du marketing culinaire attire donc une clientèle elle aussi nouvelle mais surtout plus large : les enfants, les ados, les bobos, les jeunes mamans, les grands mères mais surtout les hommes !!! Et c’est ce renouveau qui profite à tout un marché : les restaurants, l’industrie agro-alimentaire, les cours de cuisine, les médias avec leurs émissions culinaires, l’industrie du livre, les petits producteurs locaux…

Restent les puristes, adeptes d’une cuisine plus traditionnelle, et qui voient d’un mauvais oeil cette « fashionisation » culinaire…
Le marketing culinaire : une véritable avancée !
Le marketing culinaire n’est pas nouveau… Il a toujours existé depuis que l’on a décrypté les mécanismes de la publicité. Les publicitaires ont vite compris que la mise en scène d’aliments permet de faire vendre. Seulement, aujourd’hui, celle-ci prend une tournure différente : cuisiner c’est branché ! Utilisé intelligemment, il est clair que le marketing redonne aujourd’hui un nouveau souffle au monde culinaire qui méritait aussi un bon dépoussiérage.
Et ce ne sont pas vous, amis bloggeurs qui, adeptes du web 2.0, me direz le contraire ! Car le web collaboratif est aussi un prolongement du marketing culinaire. Le but recherché n’est plus de vendre (quoique…) mais bien de se faire plaisir et de faire plaisir aux autres ! Et la cuisine 2.0, ça a du bon, la preuve, certains blogs ont plus de succès que des sites traditionnels de cuisine… Une évolution qui correspond à l’évolution de notre société ? Sans doute !
Mais attention aux déviances…
Ce marketing culinaire comporte-t-il quelques limites ? Sans doute aussi ! Il ne s’agit pas ici de dresser tous les effets pervers d’un marketing culinaire à outrance (on pourrait en écrire des pages !), mais juste d’être un minimum objectif. Car n’oublions pas que derrière tout cela se cachent de grosses industries, et des sommes colossales en jeu… Le risque ? D’utiliser le marketing à des fins uniquement financières pour vendre à tout prix pris… Et lorsque je regarde les photos de packagings de grandes surfaces, faudrait quand même pas nous prendre pour des jambons ! J’aimerais bien avoir la même chose chez moi !
Et vous, ça vous inspire quoi le marketing culinaire ??
Rédigé par Céline R. – Les épices rient !











joebot
23 juillet 2008 à 4 h 53
Coucou Céline
bel article ! effectivement le packadging et encore le packadging ! de l’emballage à l’intérieur, je crois qu’on ferait mieux parfois de manger l’emballage plutot que le produit au vue de la qualité ! mais les lobings de la distribution (à savoir tout de même qu’il y a surtout des GRANDS groupes à qui appartiennent plusieurs marques dont on ne soupconnerait pas) savent y faire !
mais il faut bien attirer le chaland pour vendre ! et les sucettes sans graisse tu connais ? je pense qu’un jour il faudrait que je prenne en photos les abbérations vues en commerce, ça alimenterait pas mal le « zapping de l’alimentation » ! joe